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27 janvier 2024

4 - Guillaume RAVI - Sosa 1274

𝐑𝐀𝐕𝐈- un nom de lieu bien connu à Bagnères-de-Luchon et mis sous le feu de l'actualité en novembre 2022. 

𝑺𝒐𝒏 𝒐𝒓𝒊𝒈𝒊𝒏𝒆 𝒓𝒆𝒎𝒐𝒏𝒕𝒆 𝒂̀ 𝒎𝒐𝒏 𝒂𝒏𝒄𝒆̂𝒕𝒓𝒆 𝑮𝒖𝒊𝒍𝒍𝒂𝒖𝒎𝒆 𝑹𝑨𝑽𝑰 (1637-1717)

 

 

 
 





27 janvier 2024

4 - Guillaume RAVI - Sosa 1274

03 janvier 2024

1 - Exupère GUILHAMET dit ARBOUCH - Sosa 64

Hommage à celui par qui le nom d'ARBOUCH s'est imposé dans ma branche paternelle !

 





03 janvier 2024

1 - Exupère GUILHAMET dit ARBOUCH - Sosa 64

24 mai 2021

Rancoeur, rixes et meurtre en Vallée du Larboust en 1547

  

Nous sommes en l'an de grâce 1547, plus précisément le 1er mai.

Henri II - Source : Wikimedia Commons


François 1er, Roi de France, a rendu son âme à Dieu le 31 mars précédent, laissant le trône à son second fils, Henri II.

La France compte 17 millions d'individus (source : Contexte France - Thierry SABOT).

 

 

L'histoire se passe dans les Pyrénées, à Cazeaux-de-Larboust, dans la vallée du Larbouts.

        

Un capitaine animé de funestes intentions

Guillaume de Bossost, mon ancêtre à la 14ème génération, côté grand-mère paternelle, (ou bien son fils), a voulu marier sa nièce, Anne de Aucuson à Bertrand de Garus, le cousin germain de Jehan Sacaze, sans le consentement de la famille. 

Guillaume de Bossost IIIème du nom, Seigneur de Campels et de la vallée d'Oueil, de Billère (ou son fils, IVème du nom, qui se marie le 10 mai 1552) est le descendant du Noble et Puissant Seigneur Adhémar de Bossost. Un mémoire dit que cette Famille ne peut être qu'un rameau de la Maison d'Espagne, des anciens Vicomtes de Couserans et Comtes de Paillas. (Source : Dictionnaire de la Noblesse, contenant les généalogies, l'histoire et la chronologie des familles nobles de France - De François-Alexandre Aubert de la Chesnaye des Bois - page 679)

Jehan Sacaze ainsi que toute la famille s'y sont opposés et Guillaume de Bossost, Capitaine de la Vallée du Larboust, en a gardé une rancœur qui s'est transformée en haine.

 Jehan Sacaze est certainement de la famille Sacaze, de Castillon-de-Larboust (de laquelle descend Julien Sacaze, le célèbre épigraphiste du 19ème siècle, fondateur de la Société des études du Comminges et de la Revue de Comminges).

Et ce jour-là, lorsqu'il aperçoit les frères Guillaume et Bertrand Sacaze, cousins germains de Jehan, son sang ne fait qu'un tour et il se jette sur eux, l'épée à la main.

D'un tempérament aussi vif que l'air des Pyrénées, le féroce Capitaine Guillaume de Bossost blesse sérieusement les frères Sacaze, à plusieurs endroits du corps !

Au cours de la querelle, survient Jehan Darbouch qui, loin d'apaiser la situation, souffle sur les braises en criant "allons capitaine les achever de tuer".

Jehan Darbouch est très certainement un de mes ascendants, direct ou collatéral, de par son nom et la localisation de l'évènement. Dans l'acte original, il est écrit Jehan Darbouch mais aussi Arbouch. Cependant, l'état actuel de mes recherches ne me permet pas de le rattacher à Simon, né au début des années 1600, le plus ancien Arbouch de mon arbre généalogique.

 Grâce à la présence de tierces personnes, les frères Sacaze ne sont pas massacrés.

 

La querelle s'envenime

Le lendemain, 02 mai 1547, Jehan Sacaze, ainsi que Pierre Sacaze, Pierre Cousin, Jourdain de Mieul et Saules de Garris, se rendent à Cazeaux pour emprunter quelques armes afin de pouvoir défendre leurs vies.

Armé d'une arbalète bandée, le trait dessus, Jehan Sacaze est avec ses amis, armés d'épées, de rondelles, de javelines, devant la maison du cordonnier Nicolas Arnauld Durand

Arbalète - Source : Dictionnaire Larousse de 1905

 

Javeline - Source : Dictionnaire Larousse de 1905


Arrivent des familiers de Guillaume de Bossost, à savoir Jehan Darbouch, Estienne de Bordères, bailli de la Vallée du Larboust, armés d'épées et de rondelles et Ramond du Pont dit Ponthillon, avec son arbalète bandée d'un trait.

Entre Pierre de Sacaze et Jehan Darbouch, la discussion s'engage aussitôt au sujet du mariage et de l'agression de la veille. Chacun défend son point de vue et n'en démord pas.

Le ton monte rapidement tant et si bien que Pierre de Sacaze lance sa javeline sur Jehan Darbouch et le touche de la pointe au genou ou la cuisse. Ce dernier lui tire alors un pic de son épée.

Pierre Sacaze blesse Jehan Darbouch au pouce, Marc Daure jette plusieurs pierres pour défendre Jehan Sacaze et ses compagnons, Jourdain de Mieul tire plusieurs coups d'épée sans blesser personne.

Soudain, Ramond du Pont dit Ponthillon tire un trait d'arbalète vers la tête de Jehan Sacaze, manquant de le tuer. Pris de colère, celui-ci riposte et son trait d'arbalète touche Ponthillon à la cuisse ou à la hanche. 

 

L'irréparable est commis

Plus tard, le dit Ponthillon et Jehan Darbouch se trouvant entre Cazeaux-de-Larboust et Castillon-du-Larboust, sont avertis que plusieurs personnes armées viennent pour les tuer. Ils ne veulent toutefois pas faire demi-tour...

C'est alors que Sébastien de Peiroulan, Vinhaulx Sacommo, Messire Raymond Sacome et plusieurs autres en groupe, armés d'épées, javelines et rondelles tombent sur Ponthillon et lui donnent plusieurs coups de pieds à la tête, aux bras et aux jambes. Jehan Sacaze est absent.

Ramond du Pont est tellement blessé qu'il se réfugie dans la maison de Nicolas Arnauld, aubergiste, où il décède très vite, sans pouvoir se confesser, ni recevoir l'extrême onction.

 

Enquête et arrestation de Jehan Sacaze

Une enquête du juge de Rivière est déclenchée (Cazaux fait partie du Pays et Jugerie de Rivière-Verdun et le Juge de Rivière siège à Montréjeau).

Le pays de Rivière-Verdun, appelé Jugerie de Rivière-Verdun (R.V.), est un petit pays d'élection de l'est de la Gascogne, appuyé à la rive gauche de la Garonne dans les départements français de la Haute-Garonne, de Tarn-et-Garonne, du Gers et des Hautes-Pyrénées.

Le juge ou son lieutenant ordonne l'arrestation de Jehan Sacaze et de ses partisans mais ceux-ci sont en fuite, en groupe et armés par crainte de leurs ennemis. 

Jehan Sacaze est emprisonné à la prison du Larboust puis dans celle de la Salle Neuve à Toulouse.

 

 Le château Narbonnais de Toulouse est l'ancien château médiéval des comtes de Toulouse. Il était situé à l'emplacement de l'actuel palais de justice de Toulouse à l'angle des allées Jules Guesde et de la place du Parlement, près de la place du Salin. Un édifice de la Salle neuve abrite alors la salle basse des détenus dépendant de la justice du sénéchal. 

 

Un pauvre homme condamné à mort

Entendu et interrogé sur les événements, Jehan Sacaze, pauvre homme ayant femme et enfants à charge, est condamné à mort par le Sénéchal de Toulouse.

Jehan fait appel auprès du parlement pour un recours en grâce auprès du roi. 

 

Grâce et pardon par le Roi Henri II

En 1552, Jehan Sacaze se voit accorder grâce et pardon par le Roi, attendu que ce cas est arrivé "sans le vouloir, mais par colère et crainte d'être tué". Le Roi intime au parlement de Toulouse de cesser toutes poursuites contre Jehan Sacaze.

Une lettre de rémission est un acte de la chancellerie par lequel le roi octroie son pardon à la suite d'un crime ou d'un délit, arrêtant ainsi le cours ordinaire de la justice, qu'elle soit royale, seigneuriale, urbaine ou ecclésiastique, au moyen d'une lettre patente. La rémission est un acte de pardon, de grâce ou d'indulgence, accordé par le roi. La rémission décharge le coupable de la peine qu'il avait encourue. Ce n'est pas une amnistie. Le délit existe toujours, mais il est interdit d'y faire référence, d'exiger une réparation ou autre.

 

Références et remerciements

Le document original est conservé aux Archives Nationales et est évoqué dans le Livre "La Gascogne dans les registres du Trésor des chartes" par Charles Samaran en 1966, page 229.



 

 

Le contenu et la transcription effectuée par Alain d'Haene, Président de l'Antenne de l'Entraide Généalogique du Midi Toulousain de Bagnères-de-Luchon, ont été diffusés dans la Lettre des Amis n° 277 de mars-avril 2016.

Je me suis largement inspirée de ces travaux pour écrire cet article et les en remercie. 

 

 


 

 

 


 

 

 


 

 

 



24 mai 2021

Rancoeur, rixes et meurtre en Vallée du Larboust en 1547

06 décembre 2020

GUILLAUME ARBOUCH - EPISODE 3 - UN MARIAGE ET QUATRE ENFANTS

 

Guillaume ARBOUCH et le service militaire

Comme tous les jeunes de son âge, Guillaume Arbouch était soumis à la conscription militaire l’année de ses 20 ans.

Le signalement physique de son registre matricule indique que Guillaume a les cheveux et les sourcils noirs, les yeux gris, le front étroit, le nez long, la bouche moyenne, le menton rond et le visage ovale, Il mesure 1,64 m.

06 décembre 2020

GUILLAUME ARBOUCH - EPISODE 3 - UN MARIAGE ET QUATRE ENFANTS

26 septembre 2020

GUILLAUME ARBOUCH - Episode 2 - Une entrée dans l'âge adulte marquée par des deuils et la guerre

 Un clan familial connu par Guillaume 

Guillaume Arbouch, né en 1852, connaît ses grands-parents paternels et maternels qui décèdent entre 1858 et 1864 (donc entre sa sixième et sa douzième année). 

 

Les parents et grands-parents de Guillaume Arbouch
 

L’absence de recensements pour  cette époque ne permet pas de savoir s’il vit près de ses grands-parents mais tous habitent Bagnères-de-Luchon.

Ses oncles et tantes, tant paternels que maternels, sont également domiciliés à Bagnères-de-Luchon ou aux environs (Saint-Mamet…).        
Sauf son homonyme, Guillaume Arbouch, sellier de profession, qui a migré, à 27 ans, en 1838, à La Havane (Cuba) comme l’atteste son passeport 

(source : Registres des passeports délivrés au départ de Bordeaux pour toutes destinations par terre et par mer. Relevés par les Amitiés Généalogiques Bordelaises aux Archives Départementales de Gironde) 

  

Cet oncle paternel est toutefois décédé (« dans la maison du Sieur Fontan Bertrand ») et enterré à Bagnères-de-Luchon, en 1864. (Source : registres d’état civil de la commune de Bagnères-de-Luchon, AD31). 

 

 1870 - "L'année terrible" 



1870 est une année marquante dans la vie de Guillaume Arbouch, alors âgé de 18 ans

« L’année terrible » comme l’a nommée Victor Hugo dans son recueil de poèmes publié en 1872.

 

  • Le 21 juin, sa sœur Marie décède à l’âge de 20 ans dans la maison de Pierre Dusastre, sise quartier du Pont de Saint-Mamet à Bagnères-de-Luchon. 

Son acte de décès la mentionne sans profession et célibataire. (Source : registres d’état civil de la commune de Bagnères-de-Luchon, AD31).

 

Si je ne vous vois pas comme une belle femme
Marcher, vous bien porter,
Rire, et si vous semblez être une petite âme
Qui ne veut pas rester,

Je croirai qu’en ce monde où le suaire au lange
Parfois peut confiner,
Vous venez pour partir, et que vous êtes l’ange
Chargé de m’emmener. 
(extrait de L'Année terrible/A l'enfant malade pendant le siège)

  •  Le 19 juillet, en plein été caniculaire, l’Empire Français déclare la guerre au Royaume de Prusse.

 

(Source : Gallica - ark:/12148/bpt6k5529865n)

 

Mais Guillaume n’est pas mobilisé car il n’a pas 21 ans.    
 

Son frère Simon, a eu 22 ans quatre jours plus tôt. Tailleur d’habits comme son grand-père paternel dont il porte aussi le prénom, Simon n’a vraisemblablement pas été appelé. 

Son registre matricule indique que le Conseil de Révision l’a exempté pour goitre volumineux.

(Source : registres matricules, AD31).

  • Le 04 septembre, après la défaite de Sedan et la capitulation de l’Empereur Napoléon III, le Second Empire se termine et la République Française est proclamée (Troisième République).

 

Affiche du 4 septembre 1870 relative à la proclamation, à Paris, de la IIIe République. (Bibliothèque nationale de France, Paris.)

  • Le 21 septembre, le père de Guillaume, Pierre Arbouch, carrier, décède à l’âge de 50 ans, dans la maison Dusastre, sise quartier du Pont de Saint-Mamet, à Bagnères-de-Luchon.

 Quelles sont les causes du décès de sa sœur et de son père, morts à 3 mois d’intervalle jour pour jour ? 

Je n’ai aucune information à ce sujet et ne peux qu’émettre des hypothèses…

Certes l’été 1870 est caniculaire avec 38°C à Toulouse. 

Mais surtout, une épidémie de variole sévit en France et elle s’est étendue à tout le territoire (4200 morts à Paris entre décembre 1869 et juillet 1870). Toulouse a également été touchée.

(Source : Jorland Gérard, « La variole et la guerre de 1870 »)

 

Guilhaumette, la mère de Guillaume se retrouve veuve à 49 ans. 

Elle ne se remariera pas et mourra en 1913, à l’âge de 92 ans. 

 Jeanne, la soeur de Guillaume, a 16 ans et leur petit frère Pierre-Jean à peine 8 ans. 

 Après le mariage de son frère Simon, en novembre 1871, Guillaume Arbouch devient soutien de famille. 

 

 Un métier "crève-corps" : scieur de long 

En 1872, à 20 ans, Guillaume Arbouch est scieur de long.

Le vieux dicton : « Les scieurs de long ne vont pas en enfer, car ils l'ont vécu sur terre » révèle à quel point ce métier est dur.

Etre scieur de long, c’est débiter des grumes de bois dans le sens du fil pour en sortir des planches, plateaux, poutres, voliges, chevrons, limonières pour charrons et traverses de chemin de fer….

L’outillage est composé de scies, haches et d’un chevalet de bois appelé chèvre ou mouton

 

 

Un travail d’équipe d’au moins deux hommes mais l’équipe type en compte trois :

  • le chevrier, nommé aussi singe, debout en équilibre sur la bille, un pied l'un derrière l'autre, tient le mancheron d'une scie de 1,60 à 1,80 m de haut, dont le cadre à écartement variable peut atteindre 80 cm de largeur. Il est chargé de remonter la scie
  • le renard (ou renardier) tire la scie vers le bas en se servant du poids de son corps
  • le doleur équarrit les troncs à la hache et dirige le chantier s’il y a plusieurs équipes de scieurs.

 

 

AD31 - S.-O. (9e série).

73. Deux scieurs de long

[photographie Henri Jansou (1874-1966)]

Toulouse : phototypie Labouche frères,

[entre 1905 et 1925]

Un métier rude, « crève-corps » exercé pendant douze à seize heures par jour, dehors, par tous les temps avec des risques : équilibre précaire pour le chevrier, les yeux continuellement agressés par la poussière de bois pour le renard malgré son chapeau de feutre à larges bords. 

 



  

Guillaume exerce ce métier durant toute sa vie active.  
Le recensement de 1901 mentionne qu’il est au chômage (situation d'un salarié travaillant en temps normal pour un employeur et qui se trouve momentanément sans «ouvrage» - sans emploi - en raison des difficultés économiques rencontrées par son employeur). Guillaume est alors âgé de 49 ans.         
Guillaume devient ensuite patron comme le soulignent les recensements de 1906 et 1911.

Le recensement de 1921 indique qu'il est encore scieur de long. Guillaume a alors 69 ans.

(Sources : recensements de la commune de Bagnères-de-Luchon, AD31)





26 septembre 2020

GUILLAUME ARBOUCH - Episode 2 - Une entrée dans l'âge adulte marquée par des deuils et la guerre